APPEL À COMMUNICATIONS, XXIVème colloque franco-roumain en SIC, Bucarest

Depuis l’apparition en France du terme d’« intellectuel » au moment de l’Affaire Dreyfus, la relation d’interdépendance entre intellectuels et médias a préoccupé des historiens, sociologues, politistes, mais aussi nombre de chercheurs en SIC. Sans avoir accès à l’espace public via la presse écrite, l’Affaire Dreyfus n’aurait pas existé : « les défenseurs du capitaine Dreyfus n’auraient probablement pas rencontré un tel écho dans l’opinion au tournant de ce siècle » (Rieffel, 1992).  Certains auteurs ont remarqué, au fil du temps, une relation de double contrainte entre intellectuels et médias. D’une part, ceux-ci ont parfois menacé le statut des intellectuels ; d’autre part, ils ont représenté un canal nécessaire pour que ces intellectuels s’affirment (Charle, 1990 ; Ory&Sirinelli, 1992 ; Eck, 2003).

D’un côté, les médias ont affaibli le statut des intellectuels (Bourdieu, 1996) en les assimilant à une forme de vedettariat (Rieffel, 1989), dans le cas notamment d’intellectuels devenus des professionnels de la notoriété et de la visibilité publique. De l’autre, l’émergence d’acteurs concurrents dans l’espace public (experts, militants, représentants d’organisations, voire citoyens ordinaires qui incarnent des expériences et des problèmes sociaux) ainsi que la transformation de cet espace public (nouvelles formes de savoir et de visibilité publique, avec un rôle croissant des émotions et de l’esthétisation) s’avèrent à la fois des contraintes et des opportunités pour l’agir des intellectuels. Dans les années 1990, Rémy Rieffel a identifié la médiatisation des clercs et l’intellectualisation des journalistes comme « l’avers et le revers de la même médaille ». A cette époque, les journalistes et vedettes du show-business ont assumé une partie de la fonction d’interpellation et d’intervention dans le débat public caractérisant jusqu’alors l’intellectuel français, désormais confronté à l’étiquette de « médiatique ».

De nos jours, la frontière symbolique entre intellectuel et journaliste devient de plus en plus fluide, avec la spectacularisation de la communication politique mais aussi du journalisme politique. Au cœur de ce processus se retrouve notamment la personnalisation saillante de la figure du journaliste, d’où la reconfiguration de son statut et de son rôle d’instance critique. Selon certains auteurs, « le rôle radical du journaliste » (Christians et alii, 2009) en tant que voix citoyenne se renforcerait au sein d’une sphère publique où les médias agissent à la fois comme des acteurs et des ressources de la construction des savoirs et des positionnements.

En conséquence, le questionnement formulé dans les années 1970-1980 à propos des effets de la télévision sur le statut des intellectuels dans la sphère publique (voir notamment les travaux de Régis Debray) mériterait d’être renouvelé, dans un contexte où les réseaux sociaux, les blogs et les autres formes de communication en ligne constituent désormais un espace de légitimation pour les intellectuels susceptibles de s’y investir.

Pour sa 24èmeédition à Bucarest, le colloque franco-roumain en SIC propose de stimuler la réflexion interdisciplinaire sur la reconfiguration du statut des intellectuels, dans un contexte de redéfinition de la sphère publique par l’apparition des nouvelles formes de débat et d’engagement en ligne, avec une place particulière accordée aux recherches relevant des SIC francophones.

Jusqu’à présent, plusieurs auteurs relevant de la sphère anglophone ont abordé cette question de redéfinition, en remarquant notamment la multiplication des formes et des opportunités d’expression (Kellner, 1997 ; Jacoby, 2008 ; Danowski & Park, 2009), mais aussi la démocratisation du statut de l’intellectuel (Drezner, 2008 ; Baert & Booth, 2012). Peter Dahlgren (2013) considère quant à lui que « les intellectuels publics sont amplifiés par le Web »,au sens où les nouvelles formes de communication digitale (blogs, plateformes participatives, réseaux sociaux) leur offrent plus d’opportunités pour s’affirmer et interagir avec leurs publics. Le chercheur suédois propose d’ailleurs de qualifier d’« intellectuels civiques » les blogueurs qui s’engagent pour leurs idées. Cependant, certains auteurs remarquent également que les médiateurs traditionnels de la circulation des idées ont tendance à s’effacer : « avec Internet, tous les éléments du paysage sont bousculés : les journalistes eux-mêmes ne peuvent plus se prévaloir d’être les médiateurs exclusifs des idées » (…)  « les intellectuels et les chercheurs peuvent même tenter de reprendre la main en développant leurs propres blogs ou des sites concurrents des médias ordinaires » (Delporte, 2016, p.  459). La réussite de cette démarche reste à questionner. Comme le remarque Nicolas Hubé (2016, p. 503) : « dans les domaines consacrés de la vie intellectuelle, les pratiques amateurs sont tenues à distances des espaces professionnels ».

Quelle redéfinition de l’intellectuel public dans un environnement médiatique hyperconcurrentiel relevant de la convergence, mais aussi des nouvelles logiques de démarcation symbolique en réseaux ?  Comment mieux aborder les frontières volatiles entre intellectuels publics, journalistes, bloggeurs et, plus généralement, « influenceurs » ? Peut-on constater un certain repli de la part des intellectuels par rapport aux nouvelles formes d’engagement et de débat, ou au contraire trouvent-ils dans ces formes de nouvelles opportunités et moyens pour se manifester et se légitimer ? Enfin, quelle est la place de ces « influenceurs » (Abidin, 2019 ; Freberg et alii, 2010) dans cette sphère publique atypique relevant de la coexistence de plusieurs logiques de production de contenus ?

Les propositions attendues pour ce colloque s’inscriront, au niveau théorique, méthodologique et empirique, dans l’une des trois thématiques suivantes, qui donneront lieu à plusieurs ateliers de travail menés en parallèle. Les communications se feront de préférence en langue française. Les collègues qui le souhaitent pourront également s’exprimer en langue anglaise ou roumaine.

 

1) Redéfinition de l’intellectuel et du champ intellectuel dans l’écosystème numérique

Cet axe se propose d’explorer les repositionnements survenus dans le statut de l’intellectuel suite à l’explosion des publications en ligne, des nouvelles formes d’expression et de mise en visibilité. Est-ce que celles-ci contribuent à une « renaissance » des intellectuels publics en leur permettant d’exprimer leurs idées au-delà des audiences restreintes des éditoriaux des journaux et des émissions ciblées de débat télévisé ? Faut-il parler d’un « l’intellectuel 2.0 » (Drezner, 2008) ou d’un « intellectuel civique » (Dahlgren, 2013) ?  Si oui, comment les appréhender ? Au regard de la grande variété, voire dispersion des recherches en cours, quelle approche épistémique peut-on dégager concernant le concept d’intellectuel public ? Assiste-t-on à une redéfinition de l’autorité de la connaissance, dans un contexte de désacralisation des voix autrefois légitimantes dans l’espace public ? Par ailleurs, dans le contexte des nouveaux réseaux socio-numériques, une possible réutilisation du concept de champ intellectuel(Bourdieu, 1971, 1992) mérite d’être examinée de près. Quels sont les effets de la digitalisation sur la production et sur l’usage des biens symboliques? Quels seraient les nouveaux mécanismes de hiérarchisation et de consécration de ces biens dans le champ intellectuel ?

Assiste-t-on à une dilution des particularités du champ académique (Dallyn, Marinetto & Cederström, 2015) ou, au contraire, à un renouveau des conditions d’existence de l’intellectuel « sans attaches/librement attaché » (Freichwebende Intelligenz) évoqué par Mannheim (1929) ?

2) Nouvelles formes d’engagement et de débat dans un espace public digitalisé

Cet axe questionne l’émergence de nouvelles formes d’engagement et de débat d’idées, dans un contexte de transformation de l’espace public par des technologies digitales qui confèrent au Web une position centrale dans cet espace public (Papacharissi, 2002 ; Dahlgren, 2005 ; Flichy, 2010). Le format des débats a changé sous l’effet du déclin du discours argumentatif, de la transformation des modes de communication des intellectuels avec leurs publics, désormais plus dialogiques et sans intermédiaires (Baert & Both, 2012), mais aussi d’une fragmentation croissante de leurs audiences par rapport à celles offertes par les médias traditionnels. Quels sont les modes de production et d’appropriation de ces nouvelles formes d’engagement et de débat d’idées ? En comparaison avec les médias plus anciens, la digitalisation limite-t-elle ou élargit-elle les audiences des intellectuels ? Quels sont donc les nouveaux rapports qui se construisent entre les intellectuels et leurs audiences ? Devrait-on parler plutôt de distance (hiérarchisation des liens) ou de proximité (relations plus informelles) ?

3) Les intellectuels face aux médias et l’émergence de nouveaux acteurs concurrents

Il s’agit dans cet axe de revenir sur les rapports des intellectuels publics avec les médias, notamment leurs liens souvent privilégiés avec la presse écrite, leur méfiance récurrente envers la télévision et, enfin, leurs rapports parfois paradoxaux avec les médias digitaux. Les contributeurs privilégieront les approches qui interrogent la présence des intellectuels publics dans les médias ainsi que, en sens inverse, la représentation des médias dans les discours des intellectuels. Comment les rapports entre intellectuels et médias ont-ils évolué depuis l’avènement du cyberespace ? Peut-on parler de confiance ou de méfiance accrues entre ces deux instances de légitimation ?

Cet axe propose aussi d’explorer l’impact du paradigme de l’utilisateur/consommateur d’informations devenant lui-même créateur/producteur (Jenkins, 2004 ; Bruns, 2006 ; Castells, 2009 ; Flichy, 2010) sur l’apparition en ligne de nouvelles catégories de leaders d’opinion susceptibles d’influencer les micro- ou même macro-communautés. En court-circuitant le filtre des médias et des maisons d’édition, de nouvelles voix se font entendre dans la sphère publique, utilisant de façon créative les outils d’édition en ligne et inventant de nouveaux formats. Peut-on évoquer avec Drezner (2008) une « démocratisation de la fonction d’intellectuel public » ? Quelles sont ces nouveaux acteurs qui viennent concurrencer l’intellectuel public ?

 Ce colloque est organisé avec le soutien de l’Université de Bucarest, l’Agence Universitaire de la Francophonie en Europe Centrale et Orientaleet l’Institut Français de Roumanie.

Il est labellisé par la Société Française des Sciences de l’Information et de la Communication

 

 

Procédure de soumission

Les propositions de communication seront rédigées en français ou en anglais sous la forme d’un résumé d’environ 5000 signes (espaces compris), avec bibliographie, et comportant 5 mots-clés. Elles préciseront clairement l’intérêt scientifique et la problématique centrale de la recherche, ses principaux appuis théoriques et l’approche méthodologique envisagée. Elles seront accompagnées des noms, affiliations et adresses e-mail de tous les auteurs, puis envoyées aux deux adresses :

cameliacusnir@yahoo.fret r.rieffel@orange.fr.

 

Ces propositions feront l’objet d’une sélection en double aveugle par le comité scientifique du colloque. En vue de la publication des actes, les textes en version longue seront sélectionnés par le même comité scientifique selon la même procédure.

Un ouvrage collectif issu du colloque sera publié en France dans la collection « Communication & Civilisation » des éditions l’Harmattan (Paris).  A Bucarest, une sélection de textes paraîtra également dans la Revue Roumaine de Sociologie, la Revue Roumaine de Journalisme et de Communicationet la Revue Styles of communication, revues multi-indexées au plan international.

 

Calendrier prévisionnel

  • 15 juin 2019 : date limite d’envoi des propositions aux organisateurs
  • 30 juin 2019 : réponses du comité scientifique et signification des acceptations
  • 15 janvier 2020 : date limite d’envoi des textes en version longue pour publication
  • 15 février 2020 : réponse du comité scientifique et signification aux auteurs
  • 15 mars 2020 : remise des textes en version définitive
  • 30 juin 2020 : envoi du manuscrit définitif à l’éditeur
  • Fin octobre 2020 : parution de l’ouvrage, au moment du XXVème colloque à Iasi.

 

Modalités d’inscription 

Le colloque franco-roumain en SIC est traditionnellement gratuit et sans frais d’inscription. Chaque participant finance seulement son déplacement et son hébergement. Une partie des frais de restauration est prise en charge par les organisateurs.

 

Informations complémentaires sur le site du colloque : http://cbfr.eu

 

Comité scientifique

FR

  • Françoise Albertini, Université de Corse (LISA)
  • Patrice De la Broise, Universités de Lille (GERIICO)
  • Christian Feigelson, Université Paris III (IRCAV)
  • Béatrice Fleury, Université de Lorraine (CREM)
  • Frédéric Gimello, Université d’Avignon (LCC)
  • Agnès Granchet, Université Paris II (IFP, CARISM)
  • Yves Jeanneret, Paris Sorbonne Université (CELSA/GRIPIC)
  • Jean-Baptiste Legavre, Université Paris II (IFP/CARISM)
  • Guy Lochard, Université Paris III (CIM)
  • Arnaud Mercier, Université Paris II (IFP/CARIMS)
  • Cécile Méadel, Université Paris II (IFP/CARISM)
  • Nicolas Pélissier, Université Côte d’Azur (SIC.Lab Méditerranée)
  • Luciana Radut-Gaghi, Université Cergy-Pontoise (LT2D)
  • Paul Rasse, Université Côte d’Azur (SIC.Lab Méditerranée)
  • Rémy Rieffel, Université Paris II (IFP/CARISM)
  • Ioan Roxin, Université de Franche-Comté (ELLIADD)
  • Jacques Walter, Université de Lorraine (CREM)
  • Adeline Wrona, Paris Sorbonne Université (CELSA/GRIPIC)

RO

  • Delia Cristina Balaban, Université Babes-Bolyai, Cluj
  • Camelia Beciu, Université de Bucarest, FJSC et Académie Roumaine
  • Cristina Bogdan, Université de Bucarest, Faculté de Lettres
  • Malina Ciocea, SNSPA, Bucarest
  • Gheorghe Clitan, Université de l’Ouest de Timisoara, PFC
  • Mihai Coman, Université de Bucarest, FJSC
  • Camelia Cusnir, Université de Bucarest, FJSC
  • Ioan Dragan, Université de Bucarest, Faculté SAS, CSMTC
  • Gheorghe Ilie Fârte, Universitatea A. I. Cuza, Iasi
  • Mihai Dinu Gheorghiu, Universitatea A. I. Cuza, Iasi
  • Ioan Hosu, Université Babes-Bolyai, Cluj
  • Mirela Lazar, Université de Bucarest, FJSC
  • Irina Diana Madroane, Université de l’Ouest de Timisoara
  • Denisa Oprea, SNSPA, Bucarest
  • Nicolae Perpelea, Académie Roumaine, Institut de Sociologie
  • Daniela Roventa-Frumusani, Université de Bucarest, FJSC
  • Constantin Salavastru, Universitatea A. I. Cuza, Iasi
  • Anca Velicu, Académie Roumaine, Institut de Sociologie

 

Organisation scientifique

  • Laboratoire SPARTA, FJSC, Université de Bucarest
  • LSCEP, Institut de Sociologie, Académie Roumaine, Bucarest.
  • Laboratoire CARISM, Institut Français de Presse, Université Paris II Panthéon-Assas

 

Comité d’organisation

  • Lucie Alexis, Université Paris II (IFP, CARISM)
  • Alexandra Bardan, FJSC, Université de Bucarest (SPARTA)
  • Horia Bădău, FJSC, Université de Bucarest (SPARTA)
  • Camelia Cusnir, FJSC, Université de Bucarest (SPARTA)
  • Laura Găvan, Université de Bucarest (SPARTA)
  • Agnès Granchet, Université Paris II (IFP, CARISM)
  • Jean-Baptiste Legavre, Université Paris II (IFP/CARISM)
  • Arnaud Mercier, Université Paris II (IFP/CARISM)
  • Corina Ozon, Université de Bucarest (SPARTA)
  • Nicoleta Pandelea, Université de Bucarest (SPARTA)
  • Mihaela Paun, Université de Bucarest (SPARTA)
  • Nicolas Pélissier, Université Côte d’Azur (SIC.Lab Méditerranée)
  • Rémy Rieffel, Université Paris II (IFP/CARISM)
  • Rodica Sutu, FJSC, Université de Bucarest (SPARTA)

 

Bibliographie

 

  • Abidin, C., Brown., M. L, ed. (2019). Microcelebrity Around the Globe: Approaches to cultures of internet fame.Emerald Publishing: Bingley.

 

  • Baert, P., Booth., J., (2012). Tensions Within the Public Intellectual: Political Interventions from Dreyfus to the New Social Media. International Journal of Politics, Culture, and Society, 25, 2012, 117.

 

  • Bourdieu, P. (1971). Le marché des biens symboliques. L’Année Sociologique (1940/1948-),22, troisième série, 49-126.
  • Bourdieu P. (1992). Les Règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire.Seuil : Paris.
  • Bourdieu, P. (1996). Sur la télévision.Éditions Raisons d’Agir : Paris.
  • Bruns, A. (2007).Produsage: Towards a Broader Framework for User-Led Content Creation. In Proceedings Creativity & Cognition6, Washington, DC.
  • Castells, M. (2009). Communication Power.Oxford: Oxford University Press.
  • Charle, C. (1990). Naissance des „intellectuels” 1880-1900. Les Éditions de Minuit : Paris.
  • Christophe, C., Laurent J. (sous la direction de). (2016). La vie intellectuelle en France, tome II, de 1914 à nosjours. Le Seuil : Paris.
  • Christians, C. G., Glasser, T. L., McQuail, D., Nordenstreng, K., White, R. A. (2009). Normative Theories of the Media: Journalism in Democratic Societies. University of Illinois Press: Urbana.
  • Dahlgren, P. (2005) The Internet, Public Spheres, and Political Communication: Dispersion and Deliberation, Political Communication, 22:2, 147-162, DOI: 1080/10584600590933160
  • Dahlgren, P. (2012). Public Intellectuals, Online Media, and Public Spheres: Current Realignments. International Journal of Politics, Culture, and Society, 25, 95-110.
  • Dahlgren, P. (2013). From public to civic intellectuals via online cultures, Participations. Journal of Audience&Reception Studies, Volume 10, 1, 400-404.
  • Dallyn, S., Marinetto, M., & Cederström, C. (2015). The Academic as Public Intellectual: Examining Public Engagement in the Professionalised Academy. Sociology, 49(6), 1031–1046. https://doi.org/10.1177/0038038515586681
  • Danowski, J.A., Park, D.W. (2009). Networks of the dead or alive in cyberspace: public intellectuals in the mass and internet media. New Media Society, 11(3), 337-356.
  • Diallo, M. D., Pélissier, N. (2015). Le journalisme à l’épreuve des dispositifs socionumériques d’information et de communication. Revue française des sciences de l’information et de la communication, no. 6, mis en ligne le 01 janvier 2015. URL : http://rfsic.revues.org/1449.
  • Delporte, C. (2016). Une lutte croissante pour l’attention médiatique. Dans Charle, C., L. Jeanpierre (sous la direction de), 437-460. La vie intellectuelle en France, tome II, de 1914 à nos jours. Le Seuil : Paris.
  • Drezner, D.W. (2008). Public Intellectuals 2.1. Society, n 46, 49-54.
    Eck, H. (2003). Médias audiovisuals et intellectuels. DansM. Leymarie & J.-F. Sirinelli (eds),L’histoire des intellectuels aujourd’hui, 201-225. PUF:Paris.
  • Fleury, B., Walter, J. (2002, 2003). « L’engagement des chercheurs (1,2,3) ».Dans Questions de communication, 2 (2002), 3,4 (2003). En ligne : https://journals.openedition.org/questionsdecommunication/.
  • Flichy, P. (2008). Le sacre de l’amateur, Paris: Le Seuil, coll. « La République des idées ».
  • Flichy, P. (2010). La démocratie 2.0. Dans Études, 5 (Tome 412), 617-626. http://www.cairn.info/revue-etudes-2010-5-page-617.htm.
  • Freberg, K, Graham, , McGaughey,K., Freberg,L. A. (2011). Who are the social media influencers? A study of public perceptions of personality,Public Relations Review,37(1), 90-92. https://doi.org/10.1016/j.pubrev.2010.11.001.
  • Freese, J. (2009). Blogs and the Attention Market for Public Intellectuals. Society, n 46, 45-48.
  • Hubé, N. (2016). Internet: espace de renouvellement et d’élargissement des idées. Dans Charle, C., L. Jeanpierre (sous la direction de), 501-506. La vie intellectuelle en France, tome II, de 1914 à nos jours. Le Seuil: Paris.
  • Jacoby, R. (2008).Last Thoughts on The Last Intellectuals,Society,46, 38–44. Doi: 10.1007/s12115-008-9169-2.
  • Jenkins, H. (2004). Convergence culture. Where old and new media collide. New York University Press: New York&Londres
  • Kellner, D. (1997). Intellectuals, the New Public Spheres, and Techno-Politics. New Political Science, 41-42,URL :  http://pages.gseis.ucla.edu/faculty/kellner/essays/intellectualsnewpublicspheres.pdf.
  • Mannheim, K. (1929). Idéologie et utopie (Une introduction à la sociologie de la connaissance). Librairie Marcel Rivière et Cie: Paris.
  • Ory, P., Sirinelli, J-F. (1992). Les intellectuels en France. De l’affaire Dreyfus à nos jours. Paris: Armand Collin
  • Papacharissi, Z. (2002). The virtual sphere: The internet as a public sphere. New Media & Society, 4(1), 9–27. https://doi.org/10.1177/14614440222226244
  • Rieffel, R. (1989). Du vedettariat médiatique. Hermès, La Revue, 4(1), 215-222. https://www.cairn.info/revue-hermes-la-revue-1989-1-page-215.htm.
  • Rieffel, R. (1992). Journalistes et intellectuels : une nouvelle configuration culturelle ?. Réseaux, 51(1), 11-24. https://www.cairn.info/revue-reseaux1-1992-1-page-11.htm.
  • Rieffel, R. (1993).La Tribu des clercs: les intellectuelssous la Ve République 1958-1990.Calmann-Lévy : Paris
  • Rieffel, R. (2014). Révolution numérique, révolution culturelle ?. Paris: Gallimard, Paris.
  • Russell, J. (2008). Last Thoughts on The Last Intellectuals.Society, 46, 38–44, DOI:1007/s12115-008-9169-2.
  • Dictionnaire encyclopédique et critique des publics, http://publictionnaire.huma-num.fr/

23e COLLOQUE FRANCO-ROUMAIN EN SCIENCES DE L’INFORMATION-COMMUNICATION, 18 – 20 octobre 2018, Cluj-Napoca

Information, Communication et Humanités Numériques

ENJEUX ET DÉFIS POUR UN ENRICHISSEMENT ÉPISTÉMOLOGIQUE

Les sciences humaines et sociales semblent aujourd’hui bouleversées, tant au plan épistémologique que méthodologique, par les outils numériques qui permettent d’analyser des données à la fois hétérogènes et volumineuses. De leur côté, les Humanités numériques, et plus largement les recherches sur l’environnement numérique (Digital Studies), représentent un nouveau champ de recherche et d’enseignement, d’études et de pratiques, dont l’objectif est de comprendre les implications et les opportunités du numérique comme média, objet d’étude, voire nouvel écosystème.

Pour leur part, les sciences de l’information et de la communication (SIC) éclairent les enjeux sociétaux et scientifiques du numérique grâce à leur pluralisme interdisciplinaire (sémiologique, informationnel, sociologique, etc.) qui se situe à plusieurs niveaux (théorique, méthodologique et empirique) et recouvre plusieurs domaines : par exemple, la transformation des processus de circulation des savoirs, la médiatisation de la communication au travail, les systèmes d’information et les enjeux de la numérisation documentaire (Symposium CPDirSIC/SFSIC, Des humanités numériques aux Digital Studies, Paris, 16 mars 2018).

Grâce à leur réflexion critique sur la genèse du numérique, les SIC montrent que, malgré l’impact du numérique sur le processus de production des données et d’interprétation, les questions récurrentes posées par les sciences humaines et sociales demeurent centrales pour saisir la complexité info-communicationnelle et dépasser une approche strictement computationnelle. Articuler humanités et numérique comme objet d’étude (approches, terrains, acteurs, champ de la recherche) renvoie à des logiques permettant un travail critique positionnant les SIC comme sciences de l’interprétation.

Cependant, disposent-elles d’un recul suffisant pour analyser les formes de socialisation de l’information bouleversées par le numérique, qui affectent non seulement le savoir-être de l’Homme, mais aussi ses compétences professionnelles et son rapport à la société, aux institutions et au patrimoine ?

Les travaux attendus pour ce colloque pourront se positionner au niveau théorique, méthodologique et empirique, dans l’une des huit thématiques suivantes, qui donneront lieu à des ateliers de travail, menés en parallèle sur deux journées : thématiques 1 à 4 pour la première journée, 5 à 8 pour la deuxième.

1. Médiation des savoirs.

Comment les représentations des acteurs et les dispositifs sociotechniques participent-ils à la médiation et à la vulgarisation des savoirs ? Comment l’appropriation et le partage des connaissances (institutions, organisations, usagers…) évoluent-ils sous l’impulsion de l’innovation numérique (objets connectés, blogs d’enseignants, sites pédagogiques en ligne, tutoriels, etc.) ? De quelle manière, via la diffusion du savoir scientifique par les acteurs-réseaux (B. Latour), les publics font-ils valoir leur compétence permettant d’évaluer la scientificité d’un positionnement ou d’un autre ?

2. Sémantisation du contenu et organisation des connaissances.

Les dispositifs sémantiques permettent de construire des relations de sens entre des concepts et des contenus à première vue éloignés visant à fournir à l’usager des informations pertinentes, rapides et synthétiques. Dès lors, la conception gagne à s’appuyer sur des méthodologies spécifiques qui demandent de problématiser l’aspect amodal du numérique et d’intégrer l’apport théorique et méthodologique de l’organisation des connaissances. Les contributions attendues cibleront des problématiques théoriques et méthodologiques, issues de réflexions et d’études de terrain.

3. Edition numérique et formes d’écriture hypermédia.

Les écritures pour le Web et sur le Web relèvent-elles d’une adaptation des catégories traditionnelles d’analyse-production ou exigent-elles de nouveaux descripteurs dans le domaine des genres (spécifiques ou non), des textualités multimodales (associant écrit, image, son) ainsi que de l’articulation entre culture écrite et culture visuelle ? Comment prendre en compte la relation entre littératie et interculturalité dans les pratiques rédactionnelles et les usages de l’écriture en ligne ?

4. De la formation aux compétences professionnelles.

La formation des étudiants et leur insertion professionnelle sont également affectées par la transformation numérique. Aussi est-il nécessaire de s’interroger sur les compétences attendues par l’environnement socio-économique (littératies numériques, soft skills, etc.) et réfléchir collectivement en vue de proposer des activités pédagogiques formelles (contenus, cours) et informelles (stages créatifs, ateliers-projets, fablab…) destinées à former les futurs professionnels et chercheurs en information- communication.

5. Des cultures médiatiques aux cultures numériques.

Cet axe se propose de problématiser les cultures du numérique au travers des transformations des médias et des dispositifs d’information et de communication numériques. Les contributions porteront sur des questions liées aux pratiques info- communicationnelles du numérique dans plusieurs champs : économiques, sociétaux, politiques, culturels. La diversification des dispositifs suppose également des recherches focalisées sur la dynamique des pratiques socioculturelles numériques (solidarité, mobilisation, projets collaboratifs, etc.). Quelles représentations de la vie sociale et quels modes d’action se configurent par des dispositifs sociotechniques appropriés par des acteurs qui agissent dans des milieux de connectivité différents ?

6. Constitution et diffusion d’archives numériques.

Produire une archive de ce type ne se limite pas à une simple opération de sauvegarde de l’information, de création d’une page Web et ou de développement d’une interface d’interrogation. Il s’agit aussi d’assurer la conservation des documents sources, l’adéquation aux besoins informationnels de l’usager (grâce à une méthodologie de conception précise s’appuyant sur des ontologies de domaines, des outils d’indexation et d’annotation sémantique des données) et la création d’interfaces et méthodes d’interrogation pertinentes. Comment les recherches en SIC se positionnent-elles face à ces exigences méthodologiques ?

7. Conception d’outils méthodologiques numériques pour les SIC.

D’une part les recherches en SIC peuvent s’appuyer sur des outils existants issus d’autres disciplines connexes (linguistique, sociologie, psychologie…). D’autre part, compte tenu de leurs spécificités épistémologiques, les SIC peuvent aussi élaborer de nouveaux instruments plus adéquats de collecte, observation et visualisation de données. Ces outils peuvent ainsi contribuer à soutenir les chercheurs en SIC dans leur démarche interprétative propre, leur offrant une alternative à l’approche quantitative du Big Data. Quels rapports établir entre traitement et représentation des données (data visualisation) et pratiques de construction de sens ? Un accent sera mis sur les nouvelles pratiques collaboratives de recherche produites par le travail conjoint des professionnels et des amateurs/lecteurs.

8. Epistémologie des données et effets structurants des outils numériques.

Dans une visée réflexive, les contributions attendues devront éclairer ces interrogations : quel bilan peut-on dresser de ces méthodes computationnelles en termes de production de données, collecte des traces et interprétation qualitative et quantitative des résultats ? Quelles postures méthodologiques issues des humanités numériques et études digitales s’avèrent-elles les plus pertinentes pour les sciences de l’information et de la communication ?

Bibliographie indicative

● Bartscherer, T., & Coover, R. (2011). Switching Codes: Thinking Through Digital Technology in the Humanities and the Arts. University of Chicago Press. Berry, D. M. (2012). Understanding Digital Humanities. Palgrave Macmillan.

● Bonaccorsi, J., Carayol, C , Domenget, J.C. (dir.) (2016) « Humanités Numériques et Sciences de l’Information et de la communication, Dossier de la Revue française des sciences de l’information et de la communication n° 8

● Carayol, V., Morandi, F. (2016). Humanités digitales, le tournant numérique des sciences humaines et sociales, Editeur MSHA.
● Clavert, F., & Noiret, S. (Éd.). (2013). L’histoire contemporaine à l’ère numérique. Bruxelles, PIE Peter Lang.

● Doueihi, M. (2012). Pour un humanisme numérique : l’amitié, l’oubli, les réseaux, l’intelligence collective (1 st ed.). publie.net.
● Fourmentraux J.P (dir.) (2012), L’Ère post-média. Humanités digitales et cultures numériques, Paris, Hermann, coll. Cultures numériques, 2012

● Gold, M. K. (2012). Debates in the Digital Humanities. University of Minnesota Press.
● Hayles, N. K. (2012). How We Think: Digital Media and Contemporary Technogenesis. University of Chicago Press.
● Kitchin, R., & Dodge, M. (2011). Code/Space: Software and Everyday Life. MIT Press.
● Le Deuff, O.(dir.) (2014) Le temps des humanités digitales, la mutation des sciences humaines et sociales. Fyp éditions
● Le Deuff, O. (2018) Humanités digitales : historique et développement, Iste éditions
● Liu, A. (2008). Local Transcendence: Essays on Postmodern Historicism and the Database (illustrated edition). University of Chicago Press.
● Longhi J.(dir.) (2017,) Humanités, numérique : corpus et sens [dossier], Questions de communication, 31, 7-182.
● Lunenfeld, P., Burdick, A., Drucker, J., Presner, T., & Schnapp, J. (2012). Digital_humanities. MIT Press. Mounier, P. (Éd.). (2012). Read/Write Book 2 : Une introduction aux humanités numériques. OpenEdition Press.
● Schreibman, S., Siemens, R., & Unsworth, J. (2004). Companion to Digital Humanities (Blackwell Companions to Literature and Culture). Oxford: Blackwell Publishing Professional.
● Soulier Eddie, « Introduction. Les humanités numériques sont-elles des agencements ? », Les Cahiers du numérique 4/2014 (Vol. 10) , p. 9-40
● Verlaet, L. (2017). Introduction : Enjeux et apports des recherches en humanités numériques. Les Cahiers du numérique, vol. 13, (3), 9-18.
● Warwick, C., Terras, M., & Nyhan, J. (2012). Digital Humanities in Practice. Facet Publishing.

Procédure de soumission

Les propositions de communication seront rédigées en français ou en anglais sous la forme d’un résumé d’environ 5000 signes (espaces compris), avec bibliographie, et comportant 5 mots-clés. Elles préciseront clairement l’intérêt scientifique et la problématique centrale de la recherche, ses principaux appuis théoriques et le dispositif méthodologique envisagé, Elles doivent être accompagnées des noms, affiliations et adresses e-mail de tous les auteurs.

Les propositions devront être envoyées aux deux responsables :
● Ioan Hosu : hosu@fspac.ro
● Ioan Roxin : ioan.roxin@univ-fcomte.fr

Les textes en version courte pour la communication feront l’objet d’une sélection en double aveugle par le comité scientifique du colloque. En vue de la publication des actes, les textes en version longue seront retenus selon une sélection en double aveugle également, par le comité scientifique. Les actes du colloque seront publiés en France et en Roumanie et seront soumis en vue du référencement à des bases de données internationales parmi lesquelles ISI Thomson Web of Science, Elsevier Scopus, etc.

Modalités d’inscription

Le colloque bilatéral franco-roumain en SIC est traditionnellement gratuit et sans frais d’inscription. Chaque participant finance seulement son déplacement et son hébergement. Une partie des frais de restauration est prise en charge par les organisateurs.

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Informations complémentaires sur la page web du colloque

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Organisation scientifique pour la France

● Laboratoire ELLIADD (EA 4661), Université Bourgogne Franche Comté
● Laboratoire MICA (EA 4426), Université Bordeaux Montaigne
● Laboratoire SIC.Lab Méditerranée (EA 3280), Université Côte d’Azur

Organisation scientifique pour la Roumanie

● Académie Roumaine, Laboratoire de Sociologie de la Communication et de l’Espace Public, Institut de Sociologie.
● Université Babes-Bolyai, Cluj-Napoca, Centre de Recherches sur la Communication et l’Innovation Sociale.

Comité d’organisation du colloque

● Ioan Hosu (Université Bales Bolyai, Cluj) ● Ioana Iancu (UBB, Cluj)
● Anisoara Pavelea (UBB, Cluj)
● Arina Neagu (UBB, Cluj)

● Andreea Voina (UBB, Cluj)
● Horea Badau (FJSC, Bucarest)
● Olivier Le Deuff (MICA, Bordeaux)
● Alain Lamboux-Durand (ELLIADD, Montbéliard) ● Nicolas Oliveri (SIC.Lab, Nice)
● Ioan Roxin (ELLIADD, Montbéliard)
● Federico Tajariol (ELLIADD, Montbéliard)

Avec le soutien de :

● Société Française pour les Sciences de l’Information et de la Communication
● Agence Universitaire de la Francophonie, Direction régionale de l’Europe Centrale et Orientale

● Institut Français de Cluj

Comité scientifique du colloque
France : Serge Bouchardon (COSTECH, UTC), Valérie Carayol (MICA, Bordeaux), Franck Cormerais (MICA, Bordeaux), Jean-Claude Domenget (ELLIADD, Montbéliard), Brigitte Juanals (IMSIC, Marseille), Alain Lamboux-Durand (ELLIADD, Montbéliard), Patrizia Laudati (DEVISU, Valenciennes), Olivier Le Deuff (MICA, Bordeaux), Pascal Marchand (LERASS, Toulouse), Angeliki Monnier (CREM, Metz), Françoise Paquienséguy (ELICO, Lyon), Nicolas Pélissier (SIC.Lab, Nice), Luciana Radut-Ghaghi (LT2D, Cergy- Pontoise), Paul Rasse (SIC.Lab Nice), Pierre Ratinaud (LERASS, Toulouse), Ioan Roxin (ELLIADD, Montbéliard), Brigitte Simonnot (CREM, Metz), Nikos Smyrnaios (LERASS, Toulouse), Federico Tajariol (ELLIADD, Montbéliard), Eric Triquet (Agorantic, Avignon).
Roumanie : Camelia Beciu, Nicolae Perpelea et Anca Velicu (Académie Roumaine, Institut de Sociologie), Cristina Bogdan (Faculté de Lettres, Bucarest), Ioan Dragan (Faculté de sociologie, Bucarest), Mihai Coman, Gina Drula, Daniela Frumusani et Mirela Lazar (FJSC, Bucarest), Denisa Oprea (SNSPA, Bucarest), Delia Cristina Balaban, Ioan Hosu et Andreea Mogos (UBB, Cluj), Gheorghe Clitan et Diana Madroane (Université de l’Ouest de Timisoara).

Avec la collaboration de :

● Faculté de Journalisme et de Sciences de la Communication (FJSC), Université de Bucarest ● Faculté de Sociologie et Assistance Sociale, Université de Bucarest

● Ecole Nationale des Hautes Etudes Politiques et Administratives (SNSPA, Bucarest).
● Faculté des Lettres, département de communication et relations publiques, Université de Bucarest

 

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