Présentation des axes

Les travaux attendus pour ce colloque pourront se positionner au niveau théorique, méthodologique et empirique, dans l’une des huit thématiques suivantes, qui donneront lieu à des ateliers de travail, menés en parallèle sur deux journées : thématiques 1 à 4 pour la première journée, 5 à 8 pour la deuxième.

1. Médiation des savoirs.

Comment les représentations des acteurs et les dispositifs sociotechniques participent-ils à la médiation et à la vulgarisation des savoirs ? Comment l’appropriation et le partage des connaissances (institutions, organisations, usagers…) évoluent-ils sous l’impulsion de l’innovation numérique (objets connectés, blogs d’enseignants, sites pédagogiques en ligne, tutoriels, etc.) ? De quelle manière, via la diffusion du savoir scientifique par les acteurs-réseaux (B. Latour), les publics font-ils valoir leur compétence permettant d’évaluer la scientificité d’un positionnement ou d’un autre ?

2. Sémantisation du contenu et organisation des connaissances.

Les dispositifs sémantiques permettent de construire des relations de sens entre des concepts et des contenus à première vue éloignés visant à fournir à l’usager des informations pertinentes, rapides et synthétiques. Dès lors, la conception gagne à s’appuyer sur des méthodologies spécifiques qui demandent de problématiser l’aspect amodal du numérique et d’intégrer l’apport théorique et méthodologique de l’organisation des connaissances. Les contributions attendues cibleront des problématiques théoriques et méthodologiques, issues de réflexions et d’études de terrain.

3. Edition numérique et formes d’écriture hypermédia.

Les écritures pour le Web et sur le Web relèvent-elles d’une adaptation des catégories traditionnelles d’analyse-production ou exigent-elles de nouveaux descripteurs dans le domaine des genres (spécifiques ou non), des textualités multimodales (associant écrit, image, son) ainsi que de l’articulation entre culture écrite et culture visuelle ? Comment prendre en compte la relation entre littératie et interculturalité dans les pratiques rédactionnelles et les usages de l’écriture en ligne ?

4. De la formation aux compétences professionnelles.

La formation des étudiants et leur insertion professionnelle sont également affectées par la transformation numérique. Aussi est-il nécessaire de s’interroger sur les compétences attendues par l’environnement socio-économique (littératies numériques, soft skills, etc.) et réfléchir collectivement en vue de proposer des activités pédagogiques formelles (contenus, cours) et informelles (stages créatifs, ateliers-projets, fablab…) destinées à former les futurs professionnels et chercheurs en information- communication.

5. Des cultures médiatiques aux cultures numériques.

Cet axe se propose de problématiser les cultures du numérique au travers des transformations des médias et des dispositifs d’information et de communication numériques. Les contributions porteront sur des questions liées aux pratiques info- communicationnelles du numérique dans plusieurs champs : économiques, sociétaux, politiques, culturels. La diversification des dispositifs suppose également des recherches focalisées sur la dynamique des pratiques socioculturelles numériques (solidarité, mobilisation, projets collaboratifs, etc.). Quelles représentations de la vie sociale et quels modes d’action se configurent par des dispositifs sociotechniques appropriés par des acteurs qui agissent dans des milieux de connectivité différents ?

6. Constitution et diffusion d’archives numériques.

Produire une archive de ce type ne se limite pas à une simple opération de sauvegarde de l’information, de création d’une page Web et ou de développement d’une interface d’interrogation. Il s’agit aussi d’assurer la conservation des documents sources, l’adéquation aux besoins informationnels de l’usager (grâce à une méthodologie de conception précise s’appuyant sur des ontologies de domaines, des outils d’indexation et d’annotation sémantique des données) et la création d’interfaces et méthodes d’interrogation pertinentes. Comment les recherches en SIC se positionnent-elles face à ces exigences méthodologiques ?

7. Conception d’outils méthodologiques numériques pour les SIC.

D’une part les recherches en SIC peuvent s’appuyer sur des outils existants issus d’autres disciplines connexes (linguistique, sociologie, psychologie…). D’autre part, compte tenu de leurs spécificités épistémologiques, les SIC peuvent aussi élaborer de nouveaux instruments plus adéquats de collecte, observation et visualisation de données. Ces outils peuvent ainsi contribuer à soutenir les chercheurs en SIC dans leur démarche interprétative propre, leur offrant une alternative à l’approche quantitative du Big Data. Quels rapports établir entre traitement et représentation des données (data visualisation) et pratiques de construction de sens ? Un accent sera mis sur les nouvelles pratiques collaboratives de recherche produites par le travail conjoint des professionnels et des amateurs/lecteurs.

8. Epistémologie des données et effets structurants des outils numériques.

Dans une visée réflexive, les contributions attendues devront éclairer ces interrogations : quel bilan peut-on dresser de ces méthodes computationnelles en termes de production de données, collecte des traces et interprétation qualitative et quantitative des résultats ? Quelles postures méthodologiques issues des humanités numériques et études digitales s’avèrent-elles les plus pertinentes pour les sciences de l’information et de la communication ?